Le premier Centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) du pays a été ouvert à Ouanaminthe, le 14 septembre 2007. Le Volontariat pour le Développement d'Haïti (VDH) entend augmenter, avec la mise en disponibilité de ce service, le nombre de jeunes dépistés au VIH tout en gardant l'anonymat.
« Avec l'ouverture de ce centre de dépistage anonyme et gratuit, nous espérons influencer la statistique des jeunes haïtiens dépistés qui ne dépassent pas aujourd'hui 1% », a déclaré d'entrée de jeu Arnoux Descardes. Le directeur exécutif du VDH qui maintient que la prévention reste un pilier de la lutte contre la pandémie du VIH /Sida pense qu'il faut actualiser les services et les approches selon les besoins des communautés et des jeunes.
L'inauguration de ce CDAG est considérée comme l'une des innovations du VDH qui depuis 19 ans faits ½uvre de pionnier. « La méthodologie de travail de notre centre se diffère un peu des autres centres de dépistage pour atteindre un même résultat : le dépistage », a aussi indiqué le responsable en présentant le service à des représentants d'autres organisations qui participaient à la cérémonie d'ouverture du CDAG situé à l'angle des rues Espagnol et Saint-Pierre.
Trois composantes fondamentales font la spécificité du CDAG. Il s'agit premièrement de la communication. Celle-ci se fait grâce à la motivation communautaire, l'éducation par les pairs et la diffusion de messages et de rubriques spécialisées dans les médias. Ensuite, le counseling qui se réalise avec des modules développés spécifiquement pour mettre le bénéficiaire en confiance et l'aider véritablement à se préparer pour le test et le porter également à accepter le résultat afin qu'il adopte le comportement adéquat. En troisième lieu, c'est le dépistage lui-même. Cette opération clinique se réalise suivant le protocole classique développé par le ministère de la Santé publique. Il s'agit du même test utilisé dans tous les centres de dépistage du pays. « En effet, le VDH est d'accord avec l'approche des autres centres de dépistage mais veut augmenter de façon significative le nombre de jeunes imbus de son statut sérologique », a aussi indiqué à certains journalistes la responsable du CDAG, Mme Wanda Arisma.
Cette association au service de la jeunesse pense que les données sur les jeunes dépistés seront plus palpables et refléteront mieux la situation du pays grâce à cette nouvelle approche.
Ce centre de dépistage inspiré du modèle français était en étude depuis 2004 et sera adopté un peu partout en Haïti, à travers différentes Maisons de Jeunes du VDH, annoncent déjà des responsables de cette organisation spécialisée dans les études de jeunes.
Ce premier centre de dépistage de ce genre est établi dans une communauté prioritaire pour l'Etat haïtien. La réalité frontalière que reflète cette zone fait ressortir toute la problématique haïtienne avec la situation migratoire, la prostitution juvénile, la fuite des cerveaux et le problème des infrastructures de base.
Ce volet prostitution a été aussi abordé par le VDH qui dynamise de plus en plus sa rubrique d'insertion socio-économique en vue d'aider des jeunes à apprendre des métiers et à se lancer dans leurs propres entreprises. Cet aspect dans l'approche du VDH pour combattre le Sida a été souligné par le jeune chanteur et compositeur Jean Roosevelt Jean. L'artiste qui vient de réaliser en France son premier opus et qui avait fait le déplacement à Ouanaminthe pour inviter d'autres jeunes à fréquenter le centre a déclaré qu'il y a beaucoup de détermination pour vivre quand on connaît son statut sérologique. « Lè ou konnen ou poze », a scandé Jean Jean Roosevelt dont l'image est aussi utilisée dans une campagne de sensibilisation au dépistage à coté de Cottecheese Pierre, l'ambassadrice des Jeunes du VDH.
L'inauguration du premier Centre de dépistage anonyme et gratuit du VDH a réuni beaucoup de jeunes de la ville notamment des écoliers de l'Institution Univers. Nerlie, 17 ans, a indiqué que, grâce à l'ouverture du centre, des jeunes de sa communauté seront plus sensibilisés aux réalités du VIH qui n'est pas sans effet dans la région. Ti Jack, un jeune garçon qui fait le commerce entre Haïti et la République dominicaine, a déclaré à son tour qu'à chaque fois on ouvre une maison aux jeunes et offre dans l'anonymat des moyens de se protéger, des milliers de vies seront sauvées.
Guyrlène Dorvil, représentante du MSPP, s'est réjouie de l'ouverture du centre. Elle a demandé aux jeunes du VDH de s'impliquer dans des activités du ministère dans la région pour sensibiliser le maximum de gens possible.
Le personnel du VDH ainsi que sa structure restent ouverts aux visiteurs qui ont commencé à bénéficier des séances de counseling et de dépistage pendant la cérémonie de lancement.